Le couple est décidément le lieu de toutes les mutations, l'un des plus propices au développement personnel, tant on y apprend (pour peu qu'on soit un peu attentif) sur soi et sur l'autre.

Mais c'est aussi - et ce n'est pas moi qui le dis - le lieu de toutes les projections, et, trop souvent, le lieu de toutes les déjections...

Je t'ai longtemps considéré comme mon "phare", mon repère - mon re-père : je t'ai demandé - inconsciemment ! - de me donner les preuves d'amour que le mien, par pudeur, ne m'a jamais données qu'implicitement ;

Tu m'as accusée d'avoir cessé de te regarder, et tu découvres que c'est peut-être toi qui ne me voyais plus...

Je t'ai donné la toute puissance, je me suis longtemps laissée définir par toi, persuadée que tu avais raison quand tu me donnais tort... Aujourd'hui je reprends possession de moi-même, et personne mieux que moi ne peut savoir qui je suis, ce que je vaux, ni ce que je veux.

Tu m'as dit que je t'avais abandonné, mais c'est toi qui a abandonné tout espoir de reconstruction, c'est toi qui m'a laissée tomber, me laissant seule avec le cadavre encore chaud de ton amour moribond et pantelant...

Qui lui insufflera à nouveau la vie, si ce n'est toi ?