Chronique d'une séparation annoncée

20 mai 2005

Comment tout a commencé...

Jusqu'à l'été 2004, j'étais une quadra heureuse. Mariée depuis 15 ans à un homme que j'aime, deux fils de 11 et 14 ans, un certain confort matériel, la liberté, pour moi, de ne travailler que pour le plaisir, une maison cocon toujours ouverte aux amis, ...

En fait, tout a commencé il y a trois-quatre ans, lorsque "l'homme de ma vie" a pris de nouvelles responsabilités professionnelles : nouvelle pression (des-pressions ?), peur de ne pas être à la hauteur, ... il a commencé à faire des malaises dits "vagaux".
Parrallèlement, persuadé que les moteurs qui le faisaient avancer jusque là étaient des moteurs "négatifs",  il avait entamé une Gestalt-Thérapie pour chercher à comprendre ses propres modes de fonctionnement.

Et puis un soir, il est rentré en me disant qu'il se demandait ce qu'il fichait là, qu'il ne se sentait bien nulle part, ni dans sa vie professionnelle, ni dans notre couple, qu'il n'arrivait plus à être heureux...

divorce

Moi je n'avais rien vu venir, le ciel m'est tombé sur la tête. Son parcours atypique, son ascension professionnelle, cette image du bonheur que nous donnions, tout cela n'était qu'un leurre, une fuite en avant destinée à masquer un insondable vide intérieur, un "puits sans fond"...

Décidé à quitter une vie professionnelle qui ne lui donnait plus satisfaction, il est revenu un jour d'un stage thérapeutique en me disant qu'il voulait être... thérapeute, et il a entrepris une formation. Du coup, aux absences pour cause de travail se sont ajoutées les absences pour cause de formation, jusqu'à l'été 2004 - stage résidentiel de 3 semaines dans le sud - où il L'a rencontrée...

Pendant près d'un an, j'ai cru que tout était encore possible, qu'il me suffisait de changer, pour que tout redevienne "comme avant". Et puis à la fin de l'été dernier, je me suis rendue compte que je me mentais à moi-même, et surtout, que j'étais seule à "y croire" encore...

Alors j'ai dû me résoudre à proposer la séparation, à mon corps, à mon coeur défendants. Ce blog témoigne de mes doutes, de mes colères, de mes errances,.. au jour le jour.

Puisse-t-il vous aidez à baliser votre chemin, comme d'autres ont su baliser le mien.

Décembre 2005

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21 mai 2005

Voilà maintenant 48 heures que je sais.

Je sais qu’il y a une autre femme. Que tu l’as rencontrée l’été dernier au cours de ton stage. Que vous entretenez une relation depuis au moins 7 mois (novembre 200..., date à laquelle j’ai reçu le fameux SMS qui ne m’était pas destiné : «Bon dimanche à toi ma Belle, je t’aime d’amour. P.») Que ta formation a servi de cadre et/ou de prétexte à vos rencontres et vous permet de vous retrouver régulièrement depuis plusieurs mois. Et que tu n’as pas l’intention d’interrompre cette relation, bien que ta «vie soit ici», c’est-à-dire ton travail et tes enfants. Où il n’est déjà plus question de moi...

Blessure d’amour propre. Je me relève après le K.O. Je ne suis plus l’Elue, la Favorite, celle qui compte tellement qu’elle éclipse les autres, toutes les Autres. Mais de ça, je me remettrai, même si je souffre comme jamais. D’autant que cette Autre (rien de péjoratif ici, je ne connais pas son prénom), n’a fait que s’engouffrer dans un vide que j’ai laissé, par négligence. «Pas de fumée sans feu», comme on dit. Si tu avais été parfaitement heureux, tu n’aurais pas éprouvé le besoin d’aller «voir ailleurs» si l’herbe était plus verte. Or, elle l’est forcément, surtout après 18 ans de vie commune, le stress permanent et grandissant, deux enfants à élever et une épouse «improductive». Le poids, le boulet, celle qui «coupe les ailes». En face, l’attrait de la nouveauté, le frisson de faire connaissance, de se découvrir un peu plus, un peu mieux, à chaque rencontre, et puis la fusion des premiers (é)mois, cette fusion primordiale qui t’a été refusée à ta naissance, et que tu cherches désespérément, et puis cette blessure que j’ai ravivée, bien involontairement, pour me protéger, pour être en accord avec moi-même et authentique avec toi (non, je n’ai jamais eu à simuler quoi que ce soit. Je me dis que j’aurais peut-être dû...)

Voilà pour ce qui est de ma responsabilité: j’ai baissé la garde, oui, je me suis endormie dans le confort d’une relation que je pensais à toute épreuve, d’un amour que je pensais plus fort que tous les obstacles, mais aussi dans la routine d’un quotidien que j’assume, seule, depuis la naissance de T. Et puis je n’avais pas compris que tes accès de colère aussi violents que soudains, n’étaient que la face visible de l’iceberg de tristesse que tu cachais au fond de toi, mais que tu ne pouvais/savais pas exprimer autrement jusqu’à présent. Et puis, c’est vrai, contrairement à toi, je n’avais pas – ou plus -besoin de fusion pour être rassurée sur ton amour : ce qui m’a fait avancer, ce qui m’a donné de la force, ce sont tes encouragements, la confiance absolue que j’avais en toi et en ton jugement, ce regard à la fois bienveillant et pourtant sans concessions que tu as posé sur mes premiers pas de chanteuse, par exemple, ou sur mes débuts d’intervenante. Oui, j’ai pris de l’assurance peu à peu, grâce à toi....
Enfin, je suis responsable d’avoir trop longtemps cru - ou voulu croire - que ton malaise n'était dû qu'au stress de tes responsabilités professionnelles. Je t’ai regardé en faire toujours plus, aller toujours plus haut, toujours plus loin, sans t’avoir rien demandé de tout ça, mais avec respect et admiration. Oui, j’ai eu tort de ne pas m’alarmer davantage, j’ai été lâche de penser que les vacances et un peu de repos suffiraient à tout arranger.

En revanche, le reste, je te le rends. Je ne me sens pas responsable de n’avoir pas pu ou su répondre à des attentes implicites, voire non formulées, jusqu’à ton retour du sud en février dernier, alors que tu avais déjà entamé ta relation avec Elle. Tu es revenu avec tes demandes, des besoins clairs et explicites, et tu m’as laissé croire que la balle était dans mon camp, qu’il était encore temps de sauver notre relation, qu’il ne tenait qu’à moi...Tu m’as donné les clés pour venir te rejoindre alors que tu avais déjà ouvert ta porte à une Autre....

Je me sens condamnée avant d’avoir été jugée. Et je trouve ça profondément injuste et blessant. Parce que j’étais persuadée que tu m’en parlerais et que tu me quitterais AVANT d’entamer une autre relation, si cela devait arriver – et je savais que ça pouvait arriver, c’était le sens de mes propos de cet été- , mais jamais je n’aurais pensé que tu "jouerais" avec moi et avec mes sentiments comme tu le fais depuis des mois. Le plus douloureux, c’est de penser que pendant que tu étudiais mes faits et gestes à la loupe pour voir de quoi j’étais capable pour toi, tu devais faire des comparaisons avec ce qu’Elle peut t’offrir, Elle, dans toute la nouveauté et l’éblouissement de votre relation, et cette pensée est insoutenable pour moi.
Je ne me sens pas responsable non plus de ce que tu as projeté sur moi depuis le début, mais de ton propre aveu, tu es tombé amoureux de l’image de toi que je te renvoyais. Es-tu sûr de ne pas reproduire la même chose ? Est-ce moi, ou toi, que tu trompes depuis des mois ? Mais peut-être qu’Elle, tu l’aimes pour ce qu’elle EST vraiment... Dans ce cas, Elle a beaucoup de chance. D’autant qu’elle a une grille de lecture et des outils que je n’ai pas. Elle est la promesse d'un avenir qui chante...

Moi je découvre avec ahurissement que je n’ai été qu’un miroir aux alouettes, et que le jour où, fidèle à ce que je suis et à ce que je vois/renvoie, l’image que je projète ne te rassure plus, je suis bonne pour la casse..... Parce qu’au fil du temps, l’image idéale s’est ternie, et qu’à un moment je t’ai vu tel que tu étais, dans ta vérité crue et nue, avec tes 30 kilos de surplus de violences, de tendresses, de certitudes et de doutes. Et j’ai continué à t’aimer, non pas idéal, non, mais humain, et tellement riche dans cette humanité...
J’ai peut-être compris avant toi – pour une fois – ce qu’étaient les «renoncements nécessaires». Oui, j’ai accepté de n’être pas la fille idéale que mes parents avaient fantasmée et chargée de combler leurs manques. Puis j’ai accepté de n’être pas la mère idéale que j’avais rêvé d’être, alors que tu avais presque réussi à me persuader que j’étais une mauvaise mère (un rapport avec le «bon père» que tu as si souvent évoqué à propos de ton frère ?). J’apprends à accepter de n’avoir pas été l’épouse idéale que tu aurais souhaitée, parce que je n’ai ni la vocation, ni la capacité, même si je le voulais, de combler ce «puits sans fond» que tu dis avoir découvert en toi. Rien ni personne ne le comblera jamais, sauf toi, peut-être....

Oui, je ne suis que ça, toutes ces imperfections-là, et pourtant j’ai autour de moi des témoignages de gens qui m’aiment ou m’apprécient pour ce que je suis. Mais ce que je suis ne te convient plus. Alors je poursuis ma route, avec ou sans toi, j’avance à pas comptés, dans la douleur et dans les larmes, mais j’avance, parce que chaque jour, au milieu du cauchemar éveillé que je vis en ce moment, je me dis que j’ai quelque chose à apprendre, à comprendre, qui m’aidera à tenir le cap, à tenir debout. Il faut que je trouve le SENS de tout ce gâchis.

Tu m’as dit l’autre jour que tu «n’arrivais pas à me lâcher la main». C’est moi qui lâche la tienne, P., parce tu es parfaitement capable de nager sans moi, de "prendre le large". D’ailleurs, c’est déjà fait. Tu dis ne plus exister sans mon regard, mais tu en as déjà trouvé un autre, tout neuf, plus vif, plus brillant, plus attirant, plus excitant, plus séduisant. Et je comprends ton dilemme: «choisir, c’est sacrifier». Mais je ne suis pas sûre de supporter très longtemps que tu vives, que tu respires, que tu t’allonges à mes côtés en pensant à Elle, attendant ses messages, lui envoyant des mots doux, pendant que je m’occupe de ton linge sale. Il est certain que je ne donne pas cher du poids que je peux peser dans la balance, mais je n’ai pas encore l’abnégation nécessaire pour envisager une sorte de «ménage à trois» à distance. Ca c’est encore au dessus de mes forces, et je sais que ce que je vis depuis 3 jours n’est pas bon pour moi. Et j’ai peur qu’à brève échéance, ça nous entraîne au fond d’un abîme de rancœur et d’amertume que nous serions quatre à payer.

Alors je te demande de quitter la maison, le temps de prendre ta décision, de peser le pour et le contre, ce que tu perds et ce que tu gagnes, et de savoir ce qui est le mieux pour toi, ce que tu as vraiment envie de faire de ta vie, et avec qui. A toi de faire le bon choix, en ton âme et conscience, parce que personne ne peut décider à ta place de ce qui est bon pour toi. Moi encore moins que quiconque....

Le livre est ouvert, P., et il le restera jusqu’à ce que tu décides de le refermer, ou non, sur les 18 dernières années de ta vie et de la mienne. C’est à toi qu’il revient d’écrire les prochains chapitres, suivis, au choix, des mots FIN ou A SUIVRE...

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23 mai 2005

Ainsi nous en arrivons à la même conclusion.

Nos têtes nous disent qu’il vaut mieux nous séparer, alors que nos tripes n’arrivent pas à s’y résoudre...

Alors que ma tête comprend ce que tu es allé chercher ailleurs – ce que moi je ne sais plus te donner depuis des années – mes tripes ne supportent pas de savoir que tu te partages entre «Elle» et moi depuis des mois; et si c’est moi qui t’ai poussé à le faire, j’ai été folle de croire que ça pouvait être une solution. Et du fond de mon ventre, je ne peux pas me résoudre à te demander de partir. Je n’ai plus aucun amour-propre, P., plus rien que de l’amour, et une immense tristesse de penser qu’il ne sert déjà peut-être plus à rien . Et pourtant un infime espoir que tout ne soit pas définitivement perdu... Parce que je sais que tu n’es ni un bourreau, ni un «salaud», mais juste un homme malheureux qui souffre et qui se défend comme il peut.
Mais je veux être sûre que tu as entendu ce que je t’ai dit hier : je n’ai jamais cessé de t’envoyer des «signaux» de mon amour pour toi, seulement ce n’était pas ceux que tu attendais ou dont tu avais besoin.

Dans nos modes de fonctionnement, il apparaît clairement que nous n’avons pas (ou plus) le même langage ni les mêmes besoins, les mêmes attentes. Et pourtant il me semble que nous avons, toi comme moi, un besoin viscéral l’un de l’autre. Comme il te faut des "preuves", je vais essayer de t’en donner. Avec des préalables cependant

- Es-tu capable de PARDON, penses-tu pouvoir sortir un jour de cette boucle «tu m’as rejeté, tu as rouvert ma blessure, et je t’en veux» qui entretient ta colère et te pousse à détruire plutôt qu’à reconstruire? Si la réponse est oui,
- Es-tu prêt à prendre le RISQUE de me / nous donner une autre chance, SANS GARANTIE de SUCCES ?
En effet, je serais malhonnête de te faire croire à quelque «miracle» que ce soit. Et si tu estimes qu’il est déjà trop tard, et/ou que tu ne me pardonneras jamais, alors oui, il faut qu’on se sépare.

Si malgré ça, comme moi, tes tripes te disent qu’on n’en a pas fini tous les deux, et que ce n’est pas encore l’heure d’écrire le mot FIN malgré toutes les blessures qu’on s’est infligées mutuellement, alors OUI, moi je suis prête à mener à bien mon retour à la vie professionnelle pour te permettre de «souffler», me faire aider à sortir de ma tabagie (sans pouvoir te donner l’assurance d’y parvenir), comme tu as entrepris de maigrir pour moi la première fois, à relancer avec toi dès que possible NOTRE projet de maison en bois, entre autres. Pour ce qui est de nos rapports intimes, j’ai besoin que tu m’exprimes à nouveau tes besoins, de tendresse, de sensualité, ce que tu ne fais plus depuis si longtemps pour toutes les raisons que tu m’as expliquées. Je ne supporte plus ta froideur, cette distance que tu as installée entre nous, et je crois avoir compris la «leçon». Je suis, moi, en train de sortir de mes peurs, et je sens qu’elles avaient une part dans ma perte de désir : peur de ton comportement cyclothymique que je ne comprenais pas et qui me paralysait, donc sapant mon désir, entraînant ma peur de tes sollicitations, d’où mes refus, d’où ta frustration, d’où mon sentiment de culpabilité, ...Mais il faut que tu acceptes qu’à certains moments, je ne me sente pas «disponible», sans pour autant te sentir, toi, remis en cause dans ta «masculinité». Je suis également prête à entamer une thérapie de couple pour sortir des dysfonctionnements qui nous ont amenés là aujourd’hui.

Tu m’as demandé de t’aider, et je suis prête à le faire. A condition que tu acceptes encore de m’aider à t’aider, pour rétablir une relation vraie, à deux, chacun tenant son morceau de l’écharpe. Encore faut-il que tu estimes que le jeu en vaille (encore) la chandelle... Es-tu prêt, oui ou non, à mettre l’énergie de ta colère au service de la (re)construction : la tienne, et celle de notre relation ? Qu’est-ce qui l’emporte : le mal qu’on s’est fait, ou «ce qu’on va faire» de ce qu’on s’est fait ? Que te disent tes tripes, P. ?

Et puisque c’est si lourd de symbole pour toi, sache qu’en attendant ta réponse, je remets mon alliance, pour te signifier que je suis prête à renouveler le pari qu’on a fait, l’engagement qu’on a pris il y a 15 ans, et auquel je tiens tant malgré toutes les blessures qu’on a pu s’infliger mutuellement au fil des ans. Et toi ? On reste en boucle dans la colère, la douleur, la rancoeur, ou on essaye d'en sortir et de continuer à avancer,  ensemble  ? Est-ce qu'il est vraiment trop tard pour mettre toute cette énergie négative au service de notre recontruction ?

En ce qui me concerne, j'ai subi 2 électrochocs en 9 mois... le temps d'une (re)naissance... accouchement dans la douleur, je crois avoir compris la leçon. Pouvons-nous re-naître de nos cendres, et faire "à nouveau co-naissance" ?...

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24 mai 2005

Tu es parti ce matin,

et je suppose que tu vas lui dire que je suis au courant de votre relation. Je te fais encore suffisamment confiance pour savoir que tu ne prolongeras pas  inutilement une situation devenue trop inconfortable pour tout le monde, et insupportable pour moi ; mais qu'à présent,tu vas devoir trancher, choisir entre la promesse d'un regard tout neuf, peut-être fondé sur un malentendu, - comme tu as eu l'honnêteté de me le dire l'autre soir - et 15 ans de passif, de blessures... avec l'espoir, infime, ténu comme un fil de soie, qu'à la lueur de ce qu'on sait aujourd'hui l'un de l'autre, de nos dysfonctionnements respectifs, il reste peut-être quelque chose à re-construire. Sans garantie aucune.

C'est horriblement douloureux pour moi qui ne sais pas encore de quel côté tu vas faire pencher la balance, mais j'imagine parfaitement le choix cornélien qui t'incombe maintenant.  Au moment où tu liras ces lignes, les jeux seront faits, du moins, je le pense. Au moment où je les écris, je m'apprête à vivre les 6 jours les plus longs et les plus douloureux de ma vie. Et toi aussi, je suppose.

Je vais attendre ton retour dans la crainte, et dans l'espoir. Tu as eu les preuves, vivantes et douloureuses, qu'on peut être deux à se "battre" pour toi, l'une pour te conquérir, l'autre pour te garder. Cela signifie bien que tu en vaux la peine, non ? Que te faut-il de plus pour croire, entendre et surtout intégrer que tu ES quelqu'un d'aim-able ?

A l'heure ou tu as normalement pris une décision, j'espère que tu as conscience que ni elle, ni moi, ne pouvons te "réparer", que tu ne peux pas nous demander de t'aimer à ta place ; et que tu es seul responsable de tes choix, aussi douloureux que ce soit, et avec tous les risques que cela comporte.

Quels qu'ils soient, je sais que tu n'as jamais eu l'intention de te comporter comme un "salaud" avec moi, que tu es juste un homme blessé, malheureux, vulnérable, qui se défend pour se protéger, et panse ses plaies comme il peut. Faillible, humain, terriblement humain... et que c'est pour ça que je t'aime autant.

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25 mai 2005

Je ne sais pas pourquoi –

en fait si, je sais très bien pourquoi - , je repense beaucoup en ce moment à certains textes, certaines phrases que nous avions choisis pour notre mariage. Celui de Salomé, d’abord :

"T’aimer sans t’envahir,

Te dire sans me trahir,

Te multiplier sans te perdre,

Et être ainsi moi-même au plus profond de toi."

A t’aimer sans vouloir t’envahir, je t’ai regardé (et laissé) t’abrutir dans le travail, sans comprendre (ce) que tu fuyais.

A te dire mon manque de désir pour ne pas me trahir, j’ai rouvert une cicatrice que je ne te sens pas prêt à refermer. Pourtant

"L’amour comprend tout, l’amour excuse tout, l’amour pardonne tout, ... Quand bien même tu parlerais toutes les langues, quand bien même tu possèderais toutes les richesses du monde, ... Tout ça ne  servirait à rien, si tu n'as pas l’amour."

Et puis je repense aussi à une autre phrase de Salomé qui dit en substance

On ne trompe pas quelqu’un, on ne trompe que soi-même.

Tu as aujourd’hui la «preuve par deux» (pardonne-moi ce mauvais jeu de mots) de l’amour que tu peux inspirer. Que te faut-il de plus pour te persuader que tu es digne d’être aimé ?

Tu as pourtant appris à accueillir ta colère, ta tristesse, .. mais tant que tu ne seras pas prêt à accueillir l’amour, c’est-à-dire cette capacité de pardonner (à ta mère de ne pas t’avoir désiré, à moi d’en avoir rajouté une louche, à toi de m’avoir prise pour miroir, au monde, à la vie, que sais-je encore...), tant que tu attends des autres qu’ils te réparent, j’ai peur que tu ne sois jamais en paix. Et une fois de plus, j’ai envie de te dire : oui, tu as cette blessure au plus profond de toi, tu en connais maintenant le comment et le pourquoi, tous les tenants et les aboutissants ; mais aujourd’hui, qu’est-ce que tu fais pour passer à autre chose et te reconstruire et arrêter de tout détruire, en toi et autour de toi ? A moins que la bonne question ne soit : quel(s) bénéfice(s) trouves-tu à entretenir cette souffrance, cette blessure et à la regarder suinter et s’envenimer à ce point ?

"Ah! Vous autres, hommes faibles et merveilleux, qui mettez tant de grâce à vous retirer du jeu, il faut qu’une main vous pousse vers la vie, cette main tendre et légère..."

Tu as eu l’honnêteté de reconnaître que ce regard neuf que tu as trouvé auprès d’une autre peut être un nouveau leurre, un nouveau jeu de miroirs. Si tu crois que c’est un nouveau moyen de fuir ta peur du vide en te ré-assurant, et si tu n’es pas sûr de m’aimer encore, ni que ta vie soit encore avec moi, alors pars, et laisse-toi tomber au fond de ton «puits sans fond». Tu finiras bien par atterrir quelque part, par trouver quelque chose. Et ce sera TOI.

Tu m’as peut-être aimée pour de mauvaises raisons, mais moi je me suis sentie aimée pour de vrai, et ça, personne ne me le retirera jamais. Mais assure-toi que tu as de bonnes raisons de me quitter.

The Beast in the Jungle... ou l’histoire de l’homme qui attendait tellement son destin, qu’il est passé à côté sans le voir. Parce qu’il s’attendait à ce que quelque chose d’énorme et de spectaculaire lui arrive «un jour» en s’annonçant à grand fracas....

Peut-être que le bonheur ne fait pas de bruit, c’est pour ça qu’on ne sait pas qu’il est là. Mais on sait qu’il est parti, à une certaine qualité de silence...

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26 mai 2005

Je ne sais pas ce qui est le plus douloureux :

d'envisager que tu puisses ne plus m'aimer, ou de me dire que si moi je t'aime vraiment, c'est moi qui dois te pousser dehors pour te donner une chance de TE trouver en faisant l'expérience du vide - ce vide que tu redoutes tant, et moi aussi, à travers une éventuelle séparation. C'est pourtant le seul moyen de t'aider à sortir d'une situation dans laquelle tu es pris entre deux feux, cloué entre Elle (E majuscule, 2 ailes e) et moi... Mais à un moment ou à un autre, si on reste enfermés dans ce schéma, l'une de nous deux va immanquablement te demander de choisir, et si tu n'as pas fait la paix avec toi, avec ta mère, avec moi, tu risques encore de choisir pour de mauvaises raisons : éviter de te retrouver seul face à toi-même...

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27 mai 2005

Ce que je sais aujourd’hui,

ce que je crois avoir compris :

- Je t'aime.

- Je n’ai pas de rancune, je ne suis pas dans un esprit de vengeance : je sais que tu as agi pour toi, pour te faire du bien, et non pas contre moi, pour me faire du mal.

- Je ne veux pas que tu partes, mais je n’accepte pas que tu continues à entretenir cette relation en restant avec moi.

- Je n’ai pas la force de te mettre dehors et je ne veux pas te demander de choisir entre Elle et moi. Ce serait endosser à ta place tes responsabilités.

- D'ailleurs, ill faut que j’arrête de minimiser ta responsabilité dans ce qui nous arrive. Après tout, moi je ne demandais rien à personne. C’est TA recherche qui t'a amené à te rendre compte que TA relation à moi était fondée sur un malentendu. C’est TOI qui m’a investie de la mission de TE réparer... C’est bien TOI qui nous remets en question et nous a amenés là où nous en sommes, mais c’est MOI qui en subis les conséquences, faisant partie, je suppose, des «dommages collatéraux».

- "On ne trompe pas quelqu’un, on ne trompe que soi-même" : tu m’as aimée pour l’image valorisante que je te renvoyais de toi-même, tu m’as investie d’une mission de réparation. D’où ton "syndrome de l’imposteur":   

    1. tu n’es pas la fille attendue par ta mère, d'où sentiment de rejet,
  2. tu m’a aimée pour de "mauvaises" raisons (demande de réparation impossible à satisfaire et besoin de        preuves incessants).

- Mais même si c’est sur un malentendu, moi je me suis sentie aimée, ça m’a donné de la force, ça m’a aidée à me construire. Pour me «réparer», ce n’est pas sur toi que je compte.

- Je n’ai pas cessé de te donner des preuves que tu n’as pas pu / su / voulu entendre (cf les retours positifs de tes petits camarades de thérapie, les mêmes que je te renvoie depuis des années, à fond perdu, puisque, venant de moi, tu ne les «intègre» pas, ça ne peut pas t’aider à se construire, d'où l' image du puits sans fond.)

- Ce n’est pas moi qui t’ai «abandonné», c’est toi qui as lâché ton bout d’écharpe dans notre relation, notamment le jour où tu as retiré ton alliance ; en prenant conscience que notre relation était une «imposture» ?

- De même, ce n’est pas moi qui me suis «éloignée». C’est toi qui as pris peur de tes responsabilités au moment de la naissance de T. + prise de nouvelles responsabilités professionnelles. (d’où mes 15 jours à la Soleillade avec G. et J. qui avaient vu, elles aussi, que ton comportement était en train de changer.) D’où le début de ton abrutissement dans le travail : toujours plus, toujours plus haut, toujours plus fort, pour donner le change, aux autres, et surtout à toi-même. Or déjà à cette époque, tu étais conscient d’être poussé en avant par des moteurs «négatifs»...

- A plusieurs occasions, tu as projeté sur moi tes manques et tes peurs :

    Lorsque tu m’as accusée d’être superficielle, de manquer de «profondeur», de ne vivre qu’à travers le regard des autres (cf retour des 3 jours de psychodrame, avant même notre mariage et la naissance des enfants) ;

    Lorsque tu m’as accusée de «jouer» avec toi, à l’époque où tu n’arrêtais pas de me dire que toutes les femmes te tournaient autour, ... et où j’avais fini par te répondre que moi aussi, je me demandais si je n’allais pas accepter l’invitation à déjeuner d’un beau client brun et séduisant...N’est-ce pas toi qui «jouais» avec moi en me narguant avec ce petit jeu dangereux du «si je voulais, je n’aurais qu’un mot à dire...» ?

    Lorsque tu m'as presque convaincue que j’étais une «mauvaise mère» (il est intéressant de noter que tu ne t'en souviens plus... ). De qui parlais-tu ? Je ne suis plus si sûre que c’était de moi...

    De même, ta jalousie vis-à-vis de JC rencontré à la Soleillade, et ta peur que je sois en train de te "tromper" (comme tu avais pu te tromper / me trompais sur les fondements et la nature de notre relation, peur de t'être trompé toi-même !)

    Lorsque tu m’accuses aujourd’hui d’abandon et d’éloignement (cf plus haut). Là où tu as raison, c’est que j’ai bel et bien abandonné l’idée de te reconstruire à ta place, et si je me suis éloignée (dans la musique, ...) c’est pour mieux me construire, moi. Ce qui m’est extrêmement salutaire aujourd’hui et me permet de me sentir exister, même en dehors de ma relation à toi.

    Le fait que tu n’arrêtes pas de me renvoyer à mes responsabilités dans ce qui nous arrive – et j’accepte de prendre la part qui m’incombe. Mais n’est-ce pas encore un moyen de minimiser les tiennes ?

    Tes accusations récentes du type : «Tu te laisses vivre depuis des années, c’est moi qui porte tout tout seul.» Mais c’est toi qui t’es laissé aimer sur de fausses bases, et ce n’est pas notre relation que tu portes, c’est le poids de ta responsabilité, et donc de ta culpabilité, dans l’immense malentendu sur lequel nous avons construit notre relation, et qui a entraîné le gâchis où nous en sommes !

    Par ailleurs, je crois que M. a raison : cette salve d’accusations que tu portes à mon encontre, la rancune que tu entretiens à mon égard, sont / ont été le passage obligé pour te permettre de t’engager dans, et de maintenir – à mon insu - une autre relation : Il a bien fallu qu tu te persuades toi-même que c’est à cause de MES manques et manquements, que tu avais besoin d’aller voir ailleurs. C’est aussi pour ça que tu entretiens cette distance entre nous, cette «présence absente» quand tu ess là, que tu ne manifestes plus aucun élan envers moi, que tu me «laisses venir» sans rien faire. Et ce faisant, tu entretiens également le besoin que tu as d’être accepté «comme tu es» : pour voir si je peux t’aimer même si tu te montres accusateur, froid et distant. Et tu continues à essayer de te rassurer...

Je n’arrête pas de me demander quel(s) bénéfice(s) tu trouves à tourner en boucle dans ta rancoeur, ta colère, ta blessure et ta souffrance, sans rien en faire, sans être capable de passer à autre chose. Mais peut-être que tu ES cette colère, cette blessure et cette souffrance, c’est ton fondement même, ce qui te constitue. Et peut-être que c’est inacceptable pour toi. Et que c’est contre toi que tu te bats, pas contre moi. Tu n’es pas VIDE, comme tu le prétends, mais au contraire REMPLI de tristesse, de colère, de souffrance, ça sort par tous les pores de ta peau, ça suinte de toi comme du pus, humeur maligne ! Mais tu ne l’ACCEPTES pas, tu refuses de le voir. Tu préfères trouver un regard tout neuf qui te renvoie l’image plaisante que tu voudrais avoir de toi-même.

Retour à la case départ...

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28 mai 2005

Je suis en train de me rendre compte...

que le meilleur moyen d'aider P., c'est... de ne pas l'aider, de ne pas répondre à ses demandes, d'autant moins qu'elles sont maintenant clairement formulées, comme s'il me donnait le mode d'emploi pour le rendre heureux à sa place. Ce serait encore une façon de le conforter dans la croyance fausse que son bonheur puisse venir de l'extérieur, et l'encourager à persister dans cette illusion. Ce n'est pas à ses responsabilités de père ou d'époux que je dois le renvoyer - même s'il ne faut pas qu'il les oublie ! -, mais à sa responsabilité dans l'incapacité qu'il a à se rendre heureux lui-même, puisqu'il vit dans l'insatisfaction permanente. Il cherche le bonheur partout, toujours plus haut, toujours plus loin, (ascension sociale, besoin de projets, demande de changement venant de moi, nouveau regard venant d'Elle, préparation à une nouvelle vie professionnelle), ... bref, partout, sauf à l'intérieur de lui.
Se préparer à devenir thérapeute n'est pas anodin non plus. Et je me demande aujourd'hui comment il va pouvoir "aider" les autres à se (re)construire pour vivre plus heureux, lui qui n'y parvient pas pour lui-même, lui qui est dans la destruction. Mais là encore, c'est valorisant d'aider les autres (image), et puis ça permet de ne pas avoir à "s'aider" soi-même (dé-responsabilisation)...

Je me suis trompée en lui disant l'autre jour que j'étais prête à lui "renvoyer l'ascenceur" - retravailler pour lui permettre de ne plus avoir à nous "(sup)porter" seul financièrement. Mais ça aussi c'est un leurre : parce que là encore, c'est le maintenir dans la croyance que son soulagement peut venir de l'extérieur, c'est me demander, à moi, de LE prendre "en charge".

Bref, il ne s'aime pas, et il attend des autres qu'ils l'aiment à sa place ; il n'est pas heureux, et il attend que son bonheur vienne de l'extérieur. Mais que fait-il, lui, pour s'aimer, pour se rendre heureux ? Il n'a pas arrêté de me dire, à un moment donné, que si moi j'avais la musique, lui il n'avait rien, qu'il ne faisait rien "pour lui". Mais qui l'en a empêché ???? Pas moi, en tous cas !

Ce doit en effet être terrible de se rendre compte qu'on fait soi-même son propre malheur...

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29 mai 2005

Oedipe, qui se crève les yeux

lorsqu'il découvre qu'il a couché avec sa mère et tué son père. P. refuse de VOIR que c'est la fusion à sa mère qu'il cherche à travers toutes les femmes. Il ne peut pas admettre qu'il ait "tué" son père par son ascension sociale. Surtout maintenant que son père vient de mourir...

Alors que je tends tellement vers la recherche du bonheur, j'ai tendance à ne pas vouloir voir ce qui pourrait me le gâcher, par lâcheté, pour ne pas déranger mon équilibre intérieur. D'où mon côté "oblivious", comme dit M.. Mais je sais saisir tout ce qui nourrit cet équilibre et ce bien-être. Je suis dans l'acceptation.

A l'inverse, en entretenant sa douleur et sa colère, P. se refuse l'accès au bonheur. Il a refusé de / été dans l'incapacité à se contruire à travers les retours positifs que je lui adressais. Il se positionne dans le refus. Pourquoi ? Quoi faire de ça ? Je cherche l'harmonie, il entretient le chaos.

J'en suis persuadée maintenant. Non ce n'est pas moi qui l'ai abandonné. C'est lui qui m'a abandonnée, le jour où il a retiré son alliance. C'est lui qui a abandonné l'idée d'essayer d'être heureux avec moi. "Aide-moi !" disait-il. Aujourd'hui ce qu'il me demande, c'est de l'aider à me quitter... c'est normal que je ne puisse pas, non ?


Les dés sont (presque) jetés...

Voici, concrètement, le message que j'espère trouver le courage d'adresser à P. :

Nous avons tous besoin de miroirs. Seulement certains miroirs sont fidèles - ils renvoient l'image telle qu'elle est, dans sa vérité crue-, d'autres sont déformants (pour ne pas dire "infidèles") : ils ne montrent pas la réalité, ils la cachent. Libre à chacun de choisir l'un ou l'autre de ces miroirs. On peut aussi choisir un miroir fidèle, et refuser de voir l'image qu'il renvoie. C'est la responsabilité de chacun d'entre nous... Mais quoiqu'il en soit, le miroir, lui, n'y est pour rien, il ne fait que son boulot de miroir, il se contente de renvoyer une image, qu'elle nous plaise ou non.

Je vais te tendre un miroir, P. Libre à toi d'accepter ou de refuser de regarder ce qu'il te montre. Je ne peux pas prétendre que tu y trouveras l'image de ce que tu es, mais c'est en tous cas le reflet fidèle de ce que je vois moi à travers ce que je suis. Je suis prête à te livrer mon cheminement intérieur depuis une semaine, mes doutes, mes certitudes, mes interrogations, mes contradictions... ce deuil de notre relation "d'avant" que je suis en train de faire.

Pour avancer, ne pas m'enliser dans ma douleur, j'ai eu besoin d'aller chercher l'aide de tous ceux dont je sais qu'ils nous aiment tous les deux, et qu'ils écouteraient ma "plainte" avec bienveillance, discernement, sans jugement, mais sans concessions. C'est grâce à eux que je puise en moi la force de continuer à tenir debout depuis une semaine.

Tu as la possibilité, avec leur consentement, de lire ce qu'il m'ont renvoyé, à moi, au sujet de mes errances. Pour que tu saches MA vérité. Pour que tu me voies à travers un autre prisme que celui de ton "groupe" ou de ta thérapie, pour que tu entendes une autre voix que celles des sirènes qui te chantent peut-être ce que tu as envie d'entendre...

Moi je n'ai plus rien à perdre. Et toi ?

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30 mai 2005

A quoi bon s'accrocher à un fil ?

Comment continuer à vivre avec un homme que je suis sûre d'aimer, mais qui, lui, n'est pas sûr de m'aimer encore..., qui en est mortifié, mais ne peut pas se résoudre à choisir entre deux femmes, qui n'arrive pas à trancher dans le vif. J'ai peur qu'on se fasse encore plus de mal (et je sais que c'est possible).

Si je trouve le courage de lui demander de partir, ce sera par respect envers moi-même. Mais comme c'est douloureux...

Posté par Trista à 03:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]