... que mes messages te sont de moins en moins destinés  ? Cela m'a frappée lorsque je me suis relue il y a quelques jours : mes premiers messages t'étaient presque tous adressés, aujourd'hui, ils ne le sont plus que rarement...

Je me détache... par moments en tous cas... je m'en suis rendue compte à ton retour, hier soir, après tes quatre jours d'absence... d'ailleurs, je n'ai pas réintégré notre lit pendant que tu étais parti, je suis restée dans le clic-clac du bureau, c'est là que j'ai fait mon nid, en face de mon ordinateur, sur lequel je veille ... à moins que ce ne soit lui qui veille sur moi...

Je comprends ta peur, ta détresse, mais je ne suis plus dedans, elles ne m'absorbent plus, ne me vident plus de ma substance, ne me vampirisent plus, je ne les laisse plus m'envahir...

"Quel type de personne suis-je en train de devenir ? Quels fruits puis-je retirer de cette séparation ? Qui suis-je aujourd'hui ? ... Dans le meilleur des cas, on est devenu quelqu'un qu'on ne serait jamais devenu autrement. Une personne peut-être plus autonome, plus libre intérieurement et plus mûre... On se découvre un plus grand espace intérieur, et en même temps, on se "retrouve", comme si on reprenait enfin possession de soi... On sait dorénavant que [...] le bonheur, notre bonheur, est avant tout affaire d'intériorité et qu'il est vain d'attendre passivement que le monde extérieur nous apporte ce dont on a besoin..." (Le Couple brisé, Christophe Fauré, pp.235-236)

Serais-je sur la voie de la reconstruction ?